SOIS LE BIENVENU !

 


Bienvenue ! Quelque soit son histoire, son socle, ses parents, son passé,… n’importe lequel d’entre nous devrait avoir, au fond de lui, ce sentiment intime qu’il est LE BIENVENU, et de fait, se sentir accueilli, légitime et en droit plénier d’être de ce monde et de s’y faire une juste place au sein de notre gigantesque famille humaine.

Est-ce que le brin d’herbe demande l’autorisation pour pousser et devenir pleinement tout ce qu’il est, en lieu et place où il a surgi ?

Est-ce que la source est honteuse de jaillir entre les roches ?

Est-ce que le sable fait un si grand cas de lui-même, qu’il exige que tout élément se prosterne devant la richesse de son être ? 

Non. Car dans la nature, tout croît et disparaît aussi humblement que nécessairement : ce qui est doit être et, à la fois, peut ne plus être, et cela sans remettre en question la légitimité de son apparition. La nature s’exprime et chaque parcelle de vie trouve en elle son sens absolu du seul fait d’y être né.

Cela paraît si evident ! — mais alors, pourquoi n’en va-t-il pas de même pour l’homme, aussi simplement et naturellement  ? 

Notre conscience de nous-même et notre subjectivité (de même que l’activité souvent démesurée de notre ego !…), amputent notre lien naturel et serein d’appartenance au monde — notre humanité réclame tellement plus qu’un simple regard bienveillant de Mère Nature sur nous ! Chacun le ressent en son fort intérieur, ce besoin d’être vu et de plaire; car ce que nous souhaitons par-dessus tout est de nous sentir aimés; il nous faut briller et être contemplés dans notre merveilleuse individualité et notre unicité. En fait, plus que de simple légitimité, c’est d’amour absolu que chacun d’entre nous a faim : parce que nous entendons être reconnus personnellement dans notre spécificité et considérés, non pas comme pas un joyeux hasard, mais comme un joyau rare : l’enfant chéri de notre Créateur, pas un parmi d’autres, mais son préféré, son œuvre, sa fin… — cela, pour nous sentir non seulement protégés, choyés, privilégiés, mais par-dessus tout aimés, adorés, adulés, si ce n’est vénérés, au même titre que ce Tout-Puissant qui nous aura choisis pour mirer son infinité… Et après tout, si le Tout-Puissant peut se voir en nous, alors pourquoi, en retour, ne nous verrions-nous pas en Lui ?

Telle est cette faille d’être qui fait de l’homme un fils capricieux et toujours « en manque ». Car l’homme ne mendie pas uniquement d’être vu; encore entend-il être reconnu, compris et même félicité pour tout ce qui, en lui, fait qu’il est ce qu’il est… sans plus penser que ce quelque chose qu’il est n’existe que du fait d’être en lien avec ce qui l’a précédé tout autant qu’avec ce qui lui succédera, c’est-à-dire qu’il n’est à la fois qu’héritage, maillon, passerelle et passage. Et oubliant purement son lien naturel et immanent à la vie (dont il n’est pourtant qu’un des innombrables rejetons, au même titre qu’un grillon, qu’une goute d’eau ou qu’un bouton d’or), il se vit coupé de cette nature dont il procède et exige d’exister en-dehors de tout lien d’appartenance, et d’être aimé intégralement pour lui-même.

Mais, attendant TANT du regard d’autrui, juste pour se sentir « validé » dans sa subsistance, tel être singulier — s’il ne s’estime pas reconnu à la hauteur de ce qu’il stipulera être « sa juste valeur » — pourra se sentir à ce point déprécié, méprisé, amoindri, humilié, qu’il en nourrira un dégoût et une aversion pour son entourage (…infoutu de le voir vraiment et de reconnaître le trésor qu’il est ou abrite), tout autant qu’un profond rejet de lui-même (… pris dans ce genre d’engrenage mental : si les autres ne voient rien en moi, alors c’est certainement qu’il n’y a RIEN à voir…), se coupant parfois totalement des autres ou de son propre monde émotionnel, voire de tout ressenti. Certains peuvent ainsi perdre totalement confiance en leur être intérieur, se sentir si inconsistants qu’ils finissent par douter de leur propre réalité ou pensent n’avoir aucune intériorité et, se percevant eux-mêmes si dénués de substance, vides, nuls,… se jugent au final purement indignes de quelque intérêt.

Ainsi peut-il en être de notre dramatique psyché, lorsque trop d’ego tue l’ego !…

Pour autant, sans ce sentiment intime bienheureux d’accueil et d’appartenance, nul ne peut avancer en confiance et créer sereinement cette route qui lui ressemble; et ce, debarassé des sentiments si contraignants qu’inaugurent en nous les exigences limitantes et parfois contradictoires de notre entourage immédiat (en vrac : «sois gentil», «fais plaisir», «fais ce qu’on te dit», «sois beau», «ne te fais pas remarquer», «fais-nous honneur», «sois le meilleur», «distingue-toi», «ne nous fais pas honte», «tais-toi», «obéis», «méfie-toi», «cesse de faire ton intéressant», «ne compte que sur toi», «rentre dans le rang», «arrête de croire au Père Noël», «fais un bon mariage, fonde une famille et sois un(e) bon(ne) père / mère», «fais comme tout le monde»,…), chacune de ces injonctions nous imposant série de diktats comportementaux, auxquels l’individu « normé », c’est-à-dire civilisé et intégré, sera censé se conformer pour mériter d’être considéré comme une « bonne » personne et pouvoir espérer bénéficier de l’intérêt et de l’affection des autres…

Se soucier du regard d’autrui au point d’en attendre le feu vert pour « être » et agir de façon à en recevoir un aval total et constant, revient à attendre de l’univers qu’il nous reconnaisse dans notre singularité et la justifie par sa bienveillance à notre égard. Et ça, tout en se conformant aux règles du groupe, en bâillonnant progressivement sa nature spontanée… C’est le monde à l’envers ! Remercions plutôt la puissante et mystérieuse force de vie d’avoir vu le jour, et tentons d’oser vivre tels que nous avons étés créés : libres et sociables, créatifs et respectueux, autonomes et responsables. Et cela, tout en acceptant pleinement de n’être qu’un dans la masse à la fois que totalement dignes, en tant que tel, d’être là, d’exister et de prendre notre place dans ce monde… Vous serez surpris de constater combien cette reconnaissance libère et rend léger ! Et comme, paradoxalement, elle nous laisse de marge pour trouver et assumer notre place au sein de cet immense maillage dont nous ne sommes chacun qu’un point minuscule et tout à la fois essentiel et aussi légitime que chacun des autres innombrables points de cet improbable tissus…

Alors voilà, je ne sais si on vous l’a souvent dit, mais je crois qu’on ne le dit jamais trop : Sois le bienvenu. Tel quel, sans artifice, sans avoir rien à me prouver et sans rien m’exiger. Tu es ici chez toi, passant et accueilli, unique et semblable, libre et lié, mortel et nécessaire, léger et responsable, fini et absolu. Ne t’excuse pas d’être, pas plus que ne surestime cet être en toi qui, certes, EST mais n’est que de passage, existe pour lui-même tout autant que pour autrui et n’est rigoureusement ni plus, ni moins important que n’importe laquelle de toute vie sur cette terre — qui tout simplement EST… Et quelle merveille, ne trouves-tu pas ? Parle-moi de toi, de ta route, de tes questionnements, de tout ce qui compte, et n’aie jamais à craindre mon regard sur toi. J’œuvre au quotidien pour que mes yeux soient ouverts : curieux, confiants et bienveillants. L’un face à l’autre, seulement, SOYONS — deux humains partageant à cœur nu un morceau de leur vie.

JE TE SOUHAITE LA BIENVENUE, MON FRÈRE.

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